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Fiche de revision sur La glycolyse : définition, intérêt et entrée

Appartient au cours : La glycolyse : définition, intérêt et entrée

La glycolyse : introduction et généralités

L’ESSENTIEL

  • La glycolyse est une voie cytosolique de catabolisme oxydatif anaérobie du glucose, jusqu’au pyruvate.
  • Par glucose : 2 pyruvates, 2 NADH, H⁺, 4 ATP produits et 2 ATP consommés ; bilan net : 2 ATP.
  • Les réactions limitantes sont les 1, 3 et 10 ; la réaction 3, catalysée par la PFK1, est la régulation majeure.
  • En anaérobiose, la réduction du pyruvate en lactate régénère le NAD⁺ nécessaire à la poursuite de la glycolyse. En aérobiose, le pyruvate est oxydé au-delà ; le rendement global indiqué est de 38 ATP par glucose.
  • Le glucose sert aussi de précurseur : notamment, le glycérol 3-phosphate accepte des acides gras et des intermédiaires glycolytiques ou du cycle de l’acide citrique contribuent à la synthèse d’acides aminés.

Définition

La glycolyse transforme le glucose en pyruvate par une succession de réactions enzymatiques qui se déroulent toutes dans le cytosol.

Intérêt

ContexteDevenir du glucoseRendement indiqué
AnaérobioseDégradation jusqu’au pyruvate2 ATP par glucose
AérobioseDégradation jusqu’au pyruvate, puis au-delà38 ATP par glucose

La glycolyse apporte aussi des précurseurs de biosynthèse : le glycérol 3-phosphate peut accepter des acides gras ; des intermédiaires de la glycolyse et du cycle de l’acide citrique servent de précurseurs d’acides aminés.

Entrée du glucose dans la cellule

Le glucose et les premiers intermédiaires glycolytiques peuvent être d’origine alimentaire ou métabolique.

Origine ou transporteurPrésence, contexte et propriété
Origine alimentaireAprès digestion des polysaccharides et disaccharides, en période postprandiale. Le glucose entre par diffusion facilitée via les GLUT 1 à 5.
Origine métaboliqueÀ jeun, glucose issu de précurseurs non glucidiques par néoglucogenèse hépatique ; le glucose 6-phosphate provient aussi du catabolisme du glycogène par glycogénolyse hépatique et musculaire.
GLUT1 et GLUT3Présents dans presque toutes les cellules, notamment les neurones et les globules rouges. Affinité moyenne, transport non insulinodépendant : apport de glucose quelles que soient les circonstances.
GLUT2Foie et cellules β du pancréas ; actif en période postprandiale quand la glycémie est élevée ; non insulinodépendant.
GLUT4Muscles striés, cœur et tissu adipeux ; forte affinité et transport insulinodépendant.

À retenir

  • Postprandial : glucose alimentaire ; GLUT2 intervient lorsque la glycémie est élevée.
  • Jeûne : néoglucogenèse hépatique et glycogénolyse hépatique et musculaire contribuent à l’approvisionnement.
  • Insulinodépendance : propre à GLUT4 parmi les transporteurs décrits ; GLUT1, GLUT3 et GLUT2 sont non insulinodépendants.

I. Étapes de la glycolyse

Vue d’ensemble

La voie compte 10 réactions, réparties en deux phases de cinq :

PhaseRéactionsBilan en ATP par glucose
Investissement énergétique1 à 52 consommés
Retour sur investissement6 à 104 produits

Réactions enzymatiques

NºTransformation et enzymeRéversibilité, énergie ou point à connaître
1Glucose → glucose 6-phosphate (G6P), par l’hexokinaseConsomme 1 ATP ; réaction irréversible et limitante. Mg²⁺ ou Mn²⁺ requis. Dans le foie et les cellules β du pancréas, la glucokinase remplace l’hexokinase. La phosphorylation empêche le glucose de ressortir, car la membrane plasmique est imperméable aux molécules phosphorylées.
2G6P, aldose → fructose 6-phosphate (F6P), cétose, par la phosphohexose isoméraseIsomérisation réversible.
3F6P → fructose 1,6-bisphosphate (F1,6BP), par la phosphofructokinase 1 (PFK1)Ajout d’un phosphate en C-1 ; consomme 1 ATP. Réaction irréversible, limitante et principale étape de régulation.
4F1,6BP → glycéraldéhyde 3-phosphate (GA3P) + dihydroxyacétone phosphate (DHAP), par la fructose 1,6-bisphosphate aldolaseClivage entre C-2 et C-3 ; réaction réversible. GA3P est un aldose, DHAP un cétose.
5DHAP → GA3P, par la triose phosphate isoméraseRéversible, mais équilibre déplacé vers la gauche. À l’issue de cette étape, les deux trioses issues d’un glucose sont deux GA3P.
6GA3P → 1,3-bisphosphoglycérate (1,3-BPG), par la GA3P déshydrogénase (GA3PDH)Oxydation et phosphorylation réversibles ; NAD⁺ comme coenzyme. Produit 1 NADH, H⁺ par GA3P, donc 2 par glucose.
71,3-BPG → 3-phosphoglycérate (3PG), par la phosphoglycérate kinase (PGK)Transfert d’un phosphate à l’ADP ; réaction réversible. Produit 1 ATP par GA3P, donc 2 par glucose.
83PG → 2-phosphoglycérate (2PG), par la phosphoglycérate mutase (PGM)Isomérisation réversible.
92PG → phosphoénolpyruvate (PEP), par l’énolaseDéshydratation réversible.
10PEP → pyruvate, par la pyruvate kinaseTransfert d’un phosphate à l’ADP ; réaction irréversible et limitante. Produit 1 ATP par GA3P, donc 2 par glucose. Étape majeure de régulation.

Point de division : à partir du GA3P, chaque réaction se déroule deux fois par glucose, puisque deux GA3P sont engagés dans la seconde moitié de la voie.

À retenir

  • Les étapes 1 et 3 dépensent chacune 1 ATP ; les étapes 7 et 10 en produisent chacune 2 par glucose.
  • Une seule molécule de glucose donne deux GA3P après clivage et isomérisation.
  • Pour distinguer les étapes : 1, 3 et 10 sont irréversibles et limitantes ; parmi elles, la 3 est la régulation majeure.

II. Bilan énergétique de la glycolyse

Par molécule de glucoseBilan
Pyruvate formé2
ATP consommés2
ATP produits4
Bilan net d’ATP2
NAD⁺ réduit en NADH, H⁺2

Le schéma de bilan mentionne aussi une séquence impliquant NAD⁺ et Pi qui produit du 2,3-diphosphoglycérate.

À retenir

  • Le bilan net se calcule en soustrayant l’investissement aux productions : 4 − 2 = 2 ATP par glucose.
  • Ne pas confondre la production brute de 4 ATP avec le gain net de 2 ATP.
  • Le bilan comprend également 2 pyruvates et 2 NADH, H⁺.

III. Destinées métaboliques du pyruvate

SituationDevenir du pyruvateConséquence
AérobioseEntrée dans la mitochondrie, puis oxydation complète en CO₂ et H₂O via le cycle de Krebs et la chaîne respiratoireDégradation poursuivie au-delà du pyruvate.
Anaérobiose : fermentation lactiqueRéduction du pyruvate en lactate par la lactate déshydrogénaseLe NADH, H⁺ est oxydé en NAD⁺ ; la glycolyse peut continuer malgré l’insuffisance d’oxygène.
Fermentation alcooliqueVoie présente chez les micro-organismes—

En situation anaérobie, l’accumulation cytoplasmique de NADH, H⁺ et le manque de NAD⁺ interrompraient la glycolyse. La fermentation lactique rétablit le NAD⁺ en couplant sa régénération à la réduction du pyruvate.

À retenir

  • Oxygène insuffisant : la réduction du pyruvate en lactate permet de régénérer le NAD⁺.
  • Aérobiose : le pyruvate entre dans la mitochondrie et est dégradé jusqu’à CO₂ et H₂O.
  • La fermentation alcoolique est indiquée comme voie des micro-organismes.

IV. Régulation de la glycolyse

La régulation adapte le flux glycolytique aux besoins en ATP et en intermédiaires de synthèse. Elle dépend de la disponibilité du glucose et de la vitesse des réactions limitantes.

Réaction limitanteEnzymePlace dans la régulation
1HexokinaseLimitante
3PFK1Limitante majeure
10Pyruvate kinaseLimitante

Hexokinase

Contrôle allostérique : le G6P inhibe l’hexokinase. Son accumulation ralentit ainsi le flux glycolytique.

Phosphofructokinase-1

La PFK1 est contrôlée de façon allostérique.

Effet sur la PFK1Molécule ou signalConséquence
InhibitionCitrateRalentissement de la glycolyse.
InhibitionATPRalentissement lorsque les besoins énergétiques sont satisfaits.
ActivationFructose 2,6-bisphosphate (F2,6BP)Accélération de la réaction F6P → F1,6BP.

Le F2,6BP est formé à partir du F6P sous l’action de la PFK2 et intervient uniquement dans la régulation.

Tissu et situationSignalVariation de F2,6BP et effet
Foie, jeûne à distance des repasGlucagonDiminution de F2,6BP ; ralentissement de la glycolyse, ce qui réserve le glucose aux tissus glucodépendants.
Foie, après un repasInsulineActivation de la PFK2 et hausse de F2,6BP ; accélération de la glycolyse pour produire de l’énergie et synthétiser des acides gras.
Cœur, période d’activitéAdrénalineActivation de la PFK2 et hausse de F2,6BP ; activation et accélération de la glycolyse.

Pyruvate kinase

La pyruvate kinase est contrôlée à la fois par allostérie et par phosphorylation/déphosphorylation.

  • Contrôle allostérique :
    • Le F1,6BP l’active, signalant que la glycolyse est engagée.
    • L’acétyl coenzyme A et l’ATP l’inhibent, indiquant que les besoins énergétiques sont satisfaits.
  • Contrôle de la forme hépatique :
Forme hépatiqueActivitéSignal associé
PhosphoryléeInactiveLe glucagon la favorise et freine la glycolyse.
Non phosphoryléeActiveL’insuline la favorise et accélère la glycolyse.

À retenir

  • Les réactions à surveiller sont 1, 3 et 10, avec priorité à la PFK1.
  • Les signaux d’énergie abondante, ATP et citrate, freinent la PFK1 ; le F2,6BP la stimule.
  • Au foie, le glucagon freine la glycolyse par baisse de F2,6BP et par phosphorylation de la pyruvate kinase ; l’insuline favorise le sens inverse.
  • Dans le cœur, l’adrénaline augmente le F2,6BP et accélère la glycolyse.

V. Aspects pathologiques

Déficit enzymatiqueConséquence indiquée
Aldolase ou pyruvate kinase dans les globules rougesAnémie hémolytique.
PFK musculaireFaible capacité à l’effort, surtout avec un régime riche en glucides ; amélioration avec un régime riche en acides gras.
Pyruvate déshydrogénaseAccumulation de pyruvate et acidose lactique, souvent létale, avec hausse du lactate sanguin ; accidents circulatoires et infarctus du myocarde (IDM) mentionnés.

À retenir

  • Dans les globules rouges, les déficits en aldolase ou en pyruvate kinase sont associés à une anémie hémolytique.
  • Le déficit en PFK musculaire réduit la capacité à l’effort ; le régime riche en acides gras l’améliore selon le cours.
  • Le déficit en pyruvate déshydrogénase est associé à l’accumulation de pyruvate, à l’acidose lactique et à des conséquences potentiellement létales.

Auto-évaluation

  1. Où se déroule la glycolyse et quel est son produit final direct ?
  2. Quels sont ses rendements indiqués en anaérobiose et en aérobiose ?
  3. Quels transporteurs GLUT sont insulinodépendants, et où GLUT2 est-il présent ?
  4. Quelles sont les origines du glucose en période de jeûne ?
  5. Quelles réactions constituent les phases d’investissement et de retour sur investissement ?
  6. Quelles réactions sont irréversibles et limitantes ? Laquelle est la régulation majeure ?
  7. Que deviennent le G6P, le F6P, le F1,6BP et les deux trioses au cours des réactions 2 à 5 ?
  8. Quel est le rôle du NAD⁺ dans la réaction catalysée par la GA3PDH et quel bilan en NADH obtient-on par glucose ?
  9. Quel est le bilan net d’ATP, en tenant compte des ATP consommés et produits ?
  10. Que devient le pyruvate en aérobiose et en anaérobiose ?
  11. Quels effecteurs inhibent ou activent la PFK1 ?
  12. Comment le glucagon, l’insuline et l’adrénaline modifient-ils la glycolyse dans les tissus décrits ?
  13. Quel est le double mode de contrôle de la pyruvate kinase et quel est l’état d’activité de ses formes hépatiques ?
  14. Quelles pathologies sont associées aux déficits en aldolase, en PFK musculaire, en pyruvate kinase et en pyruvate déshydrogénase ?

  1. Elle se déroule dans le cytosol et produit directement du pyruvate.
  2. Anaérobiose : 2 ATP par glucose ; aérobiose : 38 ATP par glucose.
  3. GLUT4 est insulinodépendant ; GLUT2 est présent dans le foie et les cellules β du pancréas.
  4. Le glucose peut provenir de la néoglucogenèse hépatique ; le glucose 6-phosphate provient aussi de la glycogénolyse hépatique et musculaire.
  5. Réactions 1 à 5 : investissement de 2 ATP. Réactions 6 à 10 : production de 4 ATP.
  6. Réactions 1, 3 et 10 ; la réaction 3, catalysée par la PFK1, est la régulation majeure.
  7. Le G6P est isomérisé en F6P, puis le F6P en F1,6BP. Celui-ci est clivé en GA3P et DHAP ; le DHAP est isomérisé en GA3P.
  8. Le NAD⁺ est le coenzyme de la GA3PDH et est réduit en NADH, H⁺. Deux NADH, H⁺ sont produits par glucose.
  9. Quatre ATP sont produits, deux sont consommés : le bilan net est de 2 ATP par glucose.
  10. En aérobiose, il est oxydé dans la mitochondrie en CO₂ et H₂O via le cycle de Krebs et la chaîne respiratoire. En anaérobiose, il est réduit en lactate, ce qui régénère le NAD⁺.
  11. ATP et citrate inhibent la PFK1 ; le F2,6BP l’active.
  12. Au foie, le glucagon diminue le F2,6BP et favorise la forme phosphorylée inactive de la pyruvate kinase ; l’insuline augmente le F2,6BP et favorise la forme non phosphorylée active. Dans le cœur, l’adrénaline augmente le F2,6BP et accélère la glycolyse.
  13. Contrôle allostérique et contrôle par phosphorylation/déphosphorylation. La forme phosphorylée hépatique est inactive ; la forme non phosphorylée est active.
  14. Aldolase ou pyruvate kinase dans les globules rouges : anémie hémolytique. PFK musculaire : faible capacité à l’effort, améliorée par un régime riche en acides gras. Pyruvate déshydrogénase : accumulation de pyruvate, acidose lactique souvent létale, hausse du lactate sanguin et accidents circulatoires ou IDM mentionnés.