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Fiche de revision sur LES INTERACTIONS SOCIALES

Appartient au cours : LES INTERACTIONS SOCIALES

🧠 Fiche de Révision : Les Interactions Sociales et la Communication


📜 1. Introduction à la Psychologie Sociale des Interactions

🔹 Quels sont les fondements historiques de l'étude des interactions sociales ?

  • Années 1930 : Mead conceptualise l'Homme comme un être social internalisant les normes via les échanges langagiers.
  • Années 1940-1960 : Lewin centre ses travaux sur l'interdépendance entre individus.
  • Années 1960 : Focus sur l'impact des réseaux sociaux et des interactions sur l'apprentissage (Vygotski, Gilly, Roux, Perret-Clermont, Mugny).
  • 1950 : Bales catégorise les fonctions langagières en situation de résolution de tâche collective.
  • Années 1990 : Trognon comble un vide théorique en approfondissant les travaux de Bales.

💡 Disciplines mobilisées : Philosophie du langage, sciences du langage, ethnométhodologie linguistique.


🗣️ 2. Qu'est-ce que Communiquer ?

🔹 Modèles Théoriques de la Communication

ModèleDéfinitionAuteurs
Modèle du CodeCommunication = encodage/décodage d'un message.Shannon & Weaver
Modèle Ostentivo-InférentielCommunication = reconnaissance d'une intention de sens.Grice, Sperber & Wilson

🔑 Concepts clés du modèle ostentivo-inférentiel :

  • Principe de pertinence : Le sens dépend du contexte logique.
  • Inférences/Implicatures : Déduction du sens non explicite.
  • Savoir mutuel : Connaissances partagées entre locuteur et allocutaire.

🔄 3. De la Communication à l'Interaction

🔹 Les Trois Niveaux d'Actes de Langage (Austin, 1970)

  1. 📢 Locutoire : Le fait de dire quelque chose.
  2. ⚡ Illocutoire : L'action effectuée en disant (E=F(p)E = F(p) selon Searle & Vanderveken).
  3. 🎯 Perlocutoire : L'effet produit sur l'autre (niveau interactionnel).

📚 4. Théorie des Actes de Langage (Searle & Vanderveken, 1988-1990)

🔹 Comment formaliser un acte de langage ?

  • Notation : F(p)F(p) où :
    • FF = Force illocutoire (intention).
    • pp = Contenu propositionnel.

🔹 Composantes de la Force Illocutoire

  1. But illocutoire : Intention visée (ex: ordre, assertion).
  2. Mode d'accomplissement : Manière d'atteindre le but.
  3. Conditions de contenu propositionnel : Contraintes syntaxico-sémantiques et présuppositions.
  4. Conditions préparatoires : États tenus pour vrais lors de l'acte.
  5. Conditions de sincérité : États mentaux requis du locuteur.
  6. Degré de puissance/force : Intensité de l'acte.

⚠️ Conditions supplémentaires :

  • Réussite : L'acte est accompli.
  • Satisfaction : L'effet visé est atteint.

💡 Évolution théorique :

  • Années 1990 : Passage du monologisme (communicativité) au dialogisme/interactionnisme (communicabilité).
  • Trognon & Saint-Dizier (1999) : Ajout de la notion de DC (Dialogue Contextuel) à la taxonomie de Searle.
  • Fondements : Ethnométhodologie linguistique, linguistique interactionniste (constructivisme), séquentialité, pré-s (Levinson).

🔗 5. Modèle de l'Enchaînement Conversationnel (Trognon & Brassac, 1992)

🔹 Comment se construit le sens dans une interaction ?
La communication est une co-construction du sens en 3 temps :

flowchart TD
    A[T1 L1: Tentative de communication
(Acte de langage 1)] --> B[T2 L2: Interprétation traduite en acte
(Acte de langage 2)]
    B --> C[T3 L1: Rectification de l'interprétation
(Acte de langage 3)]

🔑 Points clés :

  • La stabilisation du sens se produit a posteriori.
  • Le locuteur ne sait si l'allocutaire a compris qu'après la suite de la conversation.

🏛️ 6. Architecture de la Communication (École de Genève, Roulet et al., 1985)

🔹 Quels sont les composants d'une interaction ?

  • Structure linéaire et hiérarchique reflétant le processus interactionnel.
  • Notions clés :
    • Intervention : Unité de base.
    • Échange : Suite d'interventions.
    • Acte de langage : Unité minimale.

🔹 Fonctions Illocutoires

FonctionDescription
InitiativeLance l'interaction.
RéactiveRépond à une initiative.
Réactive-InitiativeRépond tout en relançant l'interaction.

🔹 Fonctions Interactives

  • Directrices : Guident l'interaction.
  • Subordonnées : Dépendent d'autres interventions.

🔹 Structures

  • Descendantes : Formation (ex: cours magistral).
  • Ascendantes : Résolution de tâches créatives (ex: problèmes arithmétiques de groupe).

🤝 7. Dimension Relationnelle de la Communication

🔹 Quels facteurs influencent la dynamique interactionnelle ?

  1. Cadre institutionnel : Ex: boulangerie vs demande d'aide dans la rue.
  2. Statuts : Position sociale des interactants.
  3. Enjeu : Objectif de l'interaction.
  4. Contrat de communication (Charaudeau, 1983 ; Vion, 1992) :
    • Accord tacite définissant droits, devoirs et faisable.
    • Peut être externe (implicite/explicite) ou coconstruit.
  5. Contexte situationnel :
    • Physique : Lieu, environnement.
    • Cotexte : Éléments linguistiques entourant l'interaction.
  6. Image revendiquée : Face (Goffman) que les interactants veulent préserver.

🗣️ 8. Parler, c'est Gérer une Relation (École de Palo Alto, Watzlawick et al., 1970)

🔹 Qu'implique la communication selon l'École de Palo Alto ?

  • Communiquer produit deux niveaux :
    1. Contenu : Information transmise.
    2. Relation : Gestion des rôles et des faces.

🔹 Caractéristiques de la relation

TypeDescriptionAuteurs
VerticaleRapports de place (dominant/dominé). Taxèmes identifiés par Kerbrat-Orecchioni (1988).Kerbrat-Orecchioni
HorizontaleProximité/distance (Marcoccia, 2007). Ex: tutoiement/vouvoiement, choix lexicaux.Marcoccia

💡 Concepts clés :

  • Rôles : Induits par le contrat de communication (négociables, Flahaut, Linton).
  • Suites préférées (Levinson) : Réponses attendues socialement.

😊 9. Les Émotions dans les Interactions

🔹 Typologie des Affects

TypeDescriptionExemples
Émotions basiquesRéactions universelles et innées.Peur, joie, colère, tristesse, dégoût, honte, surprise.
Émotions complexesCombinaisons d'émotions basiques.Confiance, culpabilité.
HumeursÉtats diffus et durables.Bonne/mauvaise humeur.
PassionsSentiments intenses et prolongés.Amour, haine.

🔹 Caractéristiques des Émotions

  • Valence : Positive (joie) ou négative (peur).
  • Intensité : De faible à forte.

🔹 Rôles des Émotions

  • Préparent l'action : Ex: La peur déclenche la fuite.
  • Orientent la prise de décision : Influence sur les choix.
  • Influencent la créativité : Un état positif favorise les idées innovantes.
  • Impactent le rappel mnésique : Les souvenirs émotionnels sont mieux retenus.

💡 Interaction Émotion-Cognition

  • Van Hoorebeke (2008) : Émotion et cognition sont interdépendantes.
  • Damasio (1994) : Les émotions modifient la prise de décision.

🛒 10. Exemple Pratique : Vente à Domicile (Saint-Dizier de Almeida, 2015)

🔹 Comment susciter des émotions positives pour influencer l'interaction ?

ActionÉmotion GénéréeEffet
HumourJoie (valence +)Crée un climat positif.
Regard bienveillantSentiment de reconnaissanceRenforce la confiance.
RassurerConfianceDiminue l'anxiété.
Préciser le choixSentiment de contrôleAugmente l'autonomie perçue.

🎯 Objectif perlocutoire : Influencer l'acheteur via des émotions positives.


🧩 Ancrage Mémoriel

  • La psychologie sociale étudie les interactions via des modèles comme celui de Mead (être social) ou Lewin (interdépendance).
  • Communiquer repose sur des modèles comme le code (Shannon & Weaver) ou l'ostentivo-inférentiel (Grice, Sperber & Wilson).
  • Les actes de langage (Austin, Searle) se décomposent en locutoire, illocutoire, perlocutoire et sont formalisés par F(p)F(p).
  • Le modèle de l'enchaînement conversationnel (Trognon & Brassac) montre que le sens se co-construit en 3 temps.
  • La dimension relationnelle dépend du cadre institutionnel, des statuts, et du contrat de communication (Charaudeau, Vion).
  • Les émotions (valence, intensité) influencent la décision, la créativité et la mémoire (Damasio, Van Hoorebeke).
  • En vente à domicile, des techniques comme l'humour ou le regard bienveillant génèrent des émotions positives pour faciliter l'interaction.

Summary

Cette fiche de révision synthétise les théories de la psychologie sociale des interactions et de la communication, des fondements historiques (Mead, Lewin, Bales) aux modèles contemporains (Trognon & Brassac, École de Genève, École de Palo Alto). Elle détaille les actes de langage (Austin, Searle & Vanderveken), la dimension relationnelle (contrat de communication, faces) et le rôle des émotions dans les interactions, avec un exemple appliqué à la vente à domicile.

Key Facts

Frequently Asked Questions

Quels sont les fondements historiques de l'étude des interactions sociales ?

Dans les années 1930, Mead conceptualise l'Homme comme un être social internalisant les normes via les échanges langagiers. Dans les années 1940-1960, Lewin centre ses travaux sur l'interdépendance entre individus. Dans les années 1960, l'accent est mis sur l'impact des réseaux sociaux et des interactions sur l'apprentissage (Vygotski, Gilly, Roux, Perret-Clermont, Mugny). En 1950, Bales catégorise les fonctions langagières en situation de résolution de tâche collective. Dans les années 1990, Trognon approfondit les travaux de Bales.

Quels sont les deux modèles théoriques de la communication présentés ?

Le modèle du Code (Shannon & Weaver) définit la communication comme l'encodage/décodage d'un message. Le modèle Ostentivo-Inférentiel (Grice, Sperber & Wilson) définit la communication comme la reconnaissance d'une intention de sens, avec pour concepts clés le principe de pertinence, les inférences/implicatures et le savoir mutuel.

Quels sont les trois niveaux d'actes de langage selon Austin (1970) ?

Locutoire : le fait de dire quelque chose. Illocutoire : l'action effectuée en disant (E = F(p) selon Searle & Vanderveken). Perlocutoire : l'effet produit sur l'autre (niveau interactionnel).

Comment se construit le sens dans une interaction selon le modèle de l'enchaînement conversationnel de Trognon & Brassac (1992) ?

La communication est une co-construction du sens en 3 temps : T1 L1 (tentative de communication, acte de langage 1), T2 L2 (interprétation traduite en acte, acte de langage 2), T3 L1 (rectification de l'interprétation, acte de langage 3). La stabilisation du sens se produit a posteriori.

Quels facteurs influencent la dynamique interactionnelle ?

Le cadre institutionnel, les statuts (position sociale des interactants), l'enjeu (objectif de l'interaction), le contrat de communication (Charaudeau, 1983 ; Vion, 1992) qui est un accord tacite définissant droits, devoirs et faisable, le contexte situationnel (physique et cotexte) et l'image revendiquée (face de Goffman).

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