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Cours sur: La Glycolyse : Introduction et Généralités

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UNIVERSITE DE CONSTANTINE

FACULTE DE MEDECINE 1EME ANNEE MEDECINE2022-2023

La glycolyse

Dr Belkacem Lamia

LA GLYCOLYSE INTRODUCTION/GENERALTES

  1. DEFINITION La glycolyse est la voie du catabolisme oxydatif anaérobie du glucose en pyruvate. Tous les enzymes catalysant cette voie sont cytosoliques.

  2. INTERET Le glucose est à la fois source d’énergie et précurseur de molécules d’intérêt biologique. La glycolyse est source d’énergie

En anaérobiose : du glucose jusqu’au pyruvate avec un faible rendement énergétique (2 molécules d’ATP par molécule de glucose). En aérobiose : du glucose jusqu’au pyruvate et au-delà avec un fort rendement énergétique 38 molécules d’ATP par molécule de glucose. La glycolyse est précurseur de molécules d’intérêt biologique. Ex. le glycérol 3- phosphate, accepteur d’acide gras. Des intermédiaires de la glycolyse ou du cycle de l’acide citrique sont précurseurs d’acides aminés.

  1. ENTREE DU GLUCOSE DANS LA CELLULE Le glucose et les premiers intermédiaires de la glycolyse sont d’origine alimentaire et métabolique.

A. Origine alimentaire : en période postprandiale Le glucose est le produit de la digestion de polysaccharides et de disaccharides. Le transport du glucose à travers la membrane cellulaire, a lieu par diffusion facilitée grâce aux GLUT (GLUcose Transporters), numérotés de 1 à 5. 1-GLUT1 et GLUT3 , dans presque toutes les cellules, en particulier neurones et GR à affinité moyenne, non insulinodépendants, ils assurent l’entrée du glucose dans les cellules en « toutes circonstances ». 2-GLUT2, dans le foie et le pancréas (cellules β), actif seulement en post prandiale lorsque la glycémie est élevée, non insulinodépendant. 3 - GLUT4 , dans les muscles striés, le cœur et le tissu adipeux, à forte affinité, insulinodépendant

B. Origine métabolique : en période de jeune

Le glucose est produit à partir de précurseurs non glucidiques (néoglucogenèse hépatique). Le glucose 6 phosphate est issu du catabolisme du glycogène tissulaire (glycogénolyse hépatique et musculaire).

I. ETAPES DE LA GLYCOLYSE :

  1. V UE D ’ ENSEMBLE DE LA GLYCOLYSE : La glycolyse comprend deux phases de 5 réactions chacune :

Une phase d’investissement énergétique : dépense 2 molécules d’ATP par molécule de glucose. Une phase de retour sur investissement : recette 4 molécules d’ATP par molécule de glucose.

  1. R EACTIONS ENZYMATIQUES DE LA GLYCOLYSE : Réaction 1 :

[image: La réaction enzymatique catalysée par l’hexokinase montre la phosphorylation du glucose en glucose-6-phosphate, avec consommation d’ATP et production d’ADP + H⁺. Le groupe phosphate (PO₄³⁻) est ajouté au carbone 1 du cycle glucosique, comme indiqué par le cercle rouge autour de PO₄³⁻ dans le produit.]

-Phosphorylation sur C-6 du glucose en glucose -6-phosphate (G6P). -Consomme une molécule d’ATP par molécule de glucose. -Limitante : étape de régulation de la glycolyse. -Catalysée par une enzyme l’hexokinase (sauf les cellules hépatiques et les cellules β du pancréas où c’est la glucokinase qui intervient, ces deux enzymes nécessitent pour fonctionner le Mg 2+ ou le Mn 2+ . -Une fois phosphorylé, le glucose ne peut plus franchir la membrane plasmique, elle est imperméable à toute molécules phosphorylée et sera donc utilisée par la cellule. La réaction est donc considérée comme irréversible.

Réaction 2 :

[image: L'image montre la conversion réversible entre le glucose 6-phosphate (aldose) et le fructose 6-phosphate (cétose), illustrée par une flèche double pointée verte.]

[image: The image displays the chemical structures of two molecules: glucose-6-phosphate (top) and fructose-6-phosphate (bottom). These are isomers involved in metabolic pathways. The reaction between them is catalyzed by the enzyme phosphoglucose isomerase, as labeled in red text on the left side of the image.]

-C’est une réaction d’interconversion : le glucose-6-phosphate (G6P) un aldose est isomérisé en un cétose le fructose -6-phosphate (F6P)

-C’est une réaction réversible.

-Enzyme : phosphohexose isomérase.

Réaction 3 :

[image: The image illustrates the allosteric enzyme phosphofructokinase catalyzing the phosphorylation of a sugar molecule (likely fructose-6-phosphate) using ATP. The reaction converts ATP into ADP and H⁺ while transferring a phosphate group to the substrate, forming a phosphorylated product. A circled region highlights the newly added phosphate group on the product molecule.]

-C’est une réaction de phosphorylation sur le C1 du fructose 6 phosphate en fructose -1,6bisphosphate (F1,6BP). -Consomme une molécule d’ATP. -C’est une réaction irréversible et constitue un point important dans la régulation de la glycolyse). -Catalysée par la phosphofructokinase (PFK1).

Réaction 4 :

[image: La réaction chimique illustrée est la coupure d'un fructose 1,6-bisphosphate par l'enzyme aldolase. Cette enzyme clive le fructose 1,6-bisphosphate en deux molécules : le glycéraldéhyde 3-phosphate (une aldose) et le dihydroxyacétone phosphate (une cétose).]

-Clivage du fructose 1,6 bisphosphate en C2-C3 en : -Un aldose : le glycéraldéhyde 3 phosphate. (GA3P). -Une cétose la dihydroxyacétonephosphate (DHAP). -Réaction réversible. -Enzyme la fructose 1,6 bisphosphate aldolase.

Réaction 5 :

[image: L'image représente la réaction catalysée par l'enzyme triose phosphate isomérase, qui convertit le DHAP (dihydroxyacétone phosphate) en GA-3F (glycéraldéhyde-3-phosphate).]

-Isomérisation du dihydroxyacétone phosphate en glycéraldéhyde -3- phosphate. -Enzyme : triose phosphate isomérase. -Réaction réversible mais l’équilibre est déplacé vers la gauche.

A ce terme ; une molécule de glucose est transformée en 2 molécules de glycéraldéhyde 3phosphate qui s’engagent chacune dans la deuxième partie de la glycolyse.

Réaction 6 :

[image: La figure représente la conversion du glyceraldehyde 3-phosphate en 1-3 diphospho glycérate, catalysée par l'enzyme glyceraldehyde 3-phosphate déshydrogénase.]

  • Une réaction couplant la phosphorylation du glycéraldéhyde-3-phosphate en 1,3---bisphosphoglycérate (1,3 BPG).

-Produit une molécule de NADH, H + ( 2molécules de NADH, H + par molécule de glucose. -Une réaction réversible. -Enzyme : glycéraldéhyde 3-phosphate déshydrogénase (GA3PDH), à coenzyme NAD + .

Réaction 7 :

[image: Formation d'1 ATP via la phosphoglycérate kinase : conversion du 1-3 diphospho glycérate en 3-phospho glycérate, avec production d’ATP à partir d’ADP. Le groupe acyl phosphate (circulé) est transféré sur l’ADP.]

-C’est une réaction de phosphorylation de l’ADP par le 1,3 bisphosphoglycérate qui est transformé en 3-phosphoglycérate (3PG). -Produit une molécule d’ATP (2 molécules d’ATP par molécule de glucose). -C’est une réaction réversible. -Enzyme : phosphoglycérate kinase. (PGK)

Réaction 8 :

[image: The image shows the reversible conversion between 3-phosphoglycérate and 2-phosphoglycérate, catalyzed by Phosphoglycéromutase.]

-Isomérisation du 3 phosphoglycérate en 2 phosphoglycérate (2PG). -C’est une réaction réversible. -Enzyme : phosphoglycérate mutase (PGM).

Réaction 9 :

[image: L'image illustre la réaction enzymatique catalysée par l'énoase, transformant le 2-phosphoglycérate en phosphoénolpyruvate. La molécule de 2-phosphoglycérate, représentée à gauche, subit une déshydratation pour former le phosphoénolpyruvate, visible à droite, avec libération d'une molécule d'eau (H₂O). Cette transformation est réversible et implique un déplacement d'atome d'hydrogène et une modification de la structure carbonée.]

-Déshydratation du 2-phosphoglycérate en phosphoénolpyruvate (PEP). -C’est une réaction réversible. -Enzyme : énolase.

Réaction 10 :

[image: L'image montre la réaction catalysée par la pyruvate kinase : le phosphoénolpyruvate réagit avec ADP et H⁺ pour former du pyruvate et ATP.]

-Phosphorylation de l’ADP par le phosphoénolpyruvate qui est transformé en pyruvate -Produit une molécule d’ATP soit 2 molécules d’ATP par molécule de glucose. -Irréversible. -Limitante : étape majeure de régulation. -Enzyme : pyruvate kinase.

II. BILAN ENERGETIQUE DE LA GLYCOLYSE : A partir d’une molécule de glucose, deux molécules de pyruvate sont générées, deux molécules d’ATP sont consommées, deux NAD + sont réduits en NADH , H + , quatre molécules d’ATP sont formées

[image: The image depicts the biochemical pathway of glycolysis, specifically illustrating the conversion of one glucose molecule into two pyruvate molecules. The process begins with Glucose + ATP and proceeds through a series of enzymatic steps involving intermediates such as Glucose 6-P, Fructose 6-P, Fructose 1,6 di-P, 2 Glyceraldéhyde 3-P, 2 1,3-DPG, 2 3-phosphoglycérate, 2 phosphoénolpyruvate, and finally 2 pyruvate.

Key features include:

  • Initial investment of 2 ATP to phosphorylate glucose and fructose-6-phosphate.
  • Generation of 4 ATP via substrate-level phosphorylation at two points in the pathway (from 1,3-DPG and PEP).
  • Net gain of 2 ATP per glucose molecule.
  • Production of 2 NADH from reduction of NAD⁺ during oxidation of glyceraldehyde-3-phosphate.
  • Final products are 2 pyruvate, 2 ATP (net), and 2 NADH.

The diagram uses red arrows to indicate irreversible or key regulatory steps, while black double-headed arrows represent reversible reactions. The overall reaction is summarized as:

Glucose + 2 ADP + 2 Pi + 2 NAD⁺ → 2 Pyruvate + 2 ATP + 2 NADH + 2 H⁺ + 2 H₂O

This represents the core energy-yielding phase of cellular respiration prior to the Krebs cycle.]

III. DESTINEES METABOLIQUES DU PYRUVATE :

Le pyruvate formé par la glycolyse a diverses possibilités de transformation

  1. En aérobiose : - Le pyruvate pénètre dans la mitochondrie et est dégradé complètement en CO2 et H2O (oxydation) via le cycle de Krebs et la chaîne respiratoire 2. En anaérobiose : Fermentation lactique Lorsque l’approvisionnement de la cellule en oxygène est in suffisant, une accumulation de NADH, H + dans le cytoplasme est observée. En absence de NAD +, la glycolyse d’arrêterait. La solution est la réduction du pyruvate en lactate couplée à une oxydation du NADH, H + en NAD + . La glycolyse peut alors continuer.

[image: La pyruvate et le NADH réagissent sous l'action de la lactate déshydrogénase pour former du L-Lactate et du NAD⁺.]

Fermentation alcoolique : chez les micro-organismes

IV. REGULATION DE LA GLYCOLYSE : l’intérêt est d’adapter la vitesse de la glycolyse aux besoins de la cellule en énergie (ATP) et en intermédiaires précurseurs de synthèse. LES MOYENS : La glycolyse est fonction :

▪ De la disponibilité cellulaire en glucose. ▪ De la vitesse des réactions limitantes :

Les 3 réactions limitantes de la glycolyse sont les réactions 1,3 et 10 catalysées respectivement par l ’hexokinase , la phosphofructokinase et la pyruvate kinase. La réaction limitante majeure est la réaction 3.

  1. L’hexokinase : L’activité de l’hexokinase est soumise à un contrôle allostérique. Elle est inhibée par le glucose 6 phosphate : l’accumulation de glucose-6-phosphate, ralentit le flux glycolytique.

  2. La phosphofructokinase-1 :

L’activité de la PFK1 est soumise à un contrôle allostérique : Elle est inhibée par :

✔ Le citrate, intermédiaire du cycle de Krebs

✔ L’ATP, en tant que témoin de la satisfaction des besoins énergétiques

cellulaires. Elle est activée par le fructose 2,6 bisphosphate (F2,6BP). Le fructose-2,6bisphospahate provient du fructose-6-phosphate (par action de la PFK2) mais il n’a qu’une fonction de régulation.

Dans le foie :

Le glucagon diminue la concentration cellulaire du fructose-2,6-biphosphate ce qui ralentit la réaction fructose-6-phosphate→fructose-1,6-bisphosphate.

En période de jeûne physiologique (à distance des repas). Le glucagon freine la glycolyse ; il réserve ainsi le glucose aux tissus glucodépendants L’insuline augmente la concentration cellulaire du fructose-2,6-bisphosphate par activation de la PFK2

En période postprandiale (après un repas), l’insuline accélère la glycolyse pour produire l’énergie et synthétiser les acides gras. Dans le cœur : L’adrénaline augmente la concentration cellulaire en fructose-2,6-bisphosphate par activation de La PFK2 ce qui accélère la réaction fructose-6-phosphate🡪fructose-1,6bisphosphate activant ainsi la glycolyse.

En période d’activité, l’adrénaline est accélératrice de la glycolyse. 3. La pyruvate kinase : L’activité de la pyruvate kinase est soumise à un double contrôle : - Contrôle allostérique. - Phosphorylation/déphosphorylation. ▪ Contrôle allostérique : Activée par le fructose-1,6-bisphosphate, en tant que témoin de l’activité de la glycolyse Inhibée par l’acétyl coenzyme A et l’ATP en tant que témoin de la satisfation des besoins énergétiques

▪ Contrôle par Phosphorylation/déphosphorylation : La pyruvate kinase hépatique existe sous 2 formes inter convertibles : Une forme phosphorylée inactive. Une forme non-phosphorylée active. Le glucagon favorise la forme phosphorylée de la pyruvate kinase, ce qui freine la glycolyse. L’insuline , favorise la forme active de la pyruvate kinase ce qui accélère la glycolyse.

V. ASPECTS PATHOLOGIQUES

Divers enzymatiques héréditaires ont été rapportés : • Déficit en aldolase et en pyruvate kinase dans les GR provoque des anémies hémolytiques • Déficit en PFK musculaire provoque une faible capacité à l’effort particulièrement en cas de régime riche en glucides et qui est amélioré par un régime riche en acides gras • Déficit en pyruvate déshydrogénase : l’accumulation du pyruvate entraine une acidose lactique souvent létale, par ↑lactate sanguins : accidents circulatoires IDM

Résumé du cours

La glycolyse : introduction et généralités

Définition

La glycolyse est la voie du catabolisme oxydatif anaérobie du glucose en pyruvate. Tous les enzymes qui la catalysent sont cytosoliques.

Intérêt

Le glucose est à la fois une source d’énergie et un précurseur de molécules d’intérêt biologique.

  • En anaérobiose, le glucose est dégradé jusqu’au pyruvate, avec un faible rendement énergétique de 2 molécules d’ATP par molécule de glucose.
  • En aérobiose, le glucose est dégradé jusqu’au pyruvate et au-delà, avec un fort rendement énergétique de 38 molécules d’ATP par molécule de glucose.
  • La glycolyse fournit des précurseurs de molécules d’intérêt biologique : le glycérol 3-phosphate, accepteur d’acides gras, et des intermédiaires de la glycolyse ou du cycle de l’acide citrique, précurseurs d’acides aminés.

Entrée du glucose dans la cellule

Le glucose et les premiers intermédiaires de la glycolyse sont d’origine alimentaire et métabolique.

Origine alimentaire, en période postprandiale : le glucose provient de la digestion des polysaccharides et des disaccharides. Il traverse la membrane cellulaire par diffusion facilitée grâce aux GLUT (glucose transporters), numérotés de 1 à 5.

  • GLUT1 et GLUT3 se trouvent dans presque toutes les cellules, en particulier les neurones et les globules rouges (GR). À affinité moyenne et non insulinodépendants, ils assurent l’entrée du glucose dans les cellules « en toutes circonstances ».
  • GLUT2 se trouve dans le foie et dans les cellules β du pancréas. Non insulinodépendant, il est actif seulement en période postprandiale, lorsque la glycémie est élevée.
  • GLUT4 se trouve dans les muscles striés, le cœur et le tissu adipeux. Il est à forte affinité et insulinodépendant.

Origine métabolique, en période de jeûne : le glucose est produit à partir de précurseurs non glucidiques par la néoglucogenèse hépatique. Le glucose-6-phosphate provient du catabolisme du glycogène tissulaire, par glycogénolyse hépatique et musculaire.

I. Étapes de la glycolyse

Vue d’ensemble

La glycolyse comprend deux phases de cinq réactions chacune :

  • une phase d’investissement énergétique, qui dépense 2 molécules d’ATP par molécule de glucose ;
  • une phase de retour sur investissement, qui produit 4 molécules d’ATP par molécule de glucose.

Réactions enzymatiques

Réaction 1 : phosphorylation du glucose

Le glucose est phosphorylé sur son C-6 en glucose-6-phosphate (G6P). Le schéma de la réaction indique la consommation d’ATP et la production d’ADP + H⁺ ; sa légende place le groupe phosphate sur le carbone 1 du cycle glucosique.

La réaction consomme une molécule d’ATP par molécule de glucose. Elle est limitante et constitue une étape de régulation de la glycolyse. Elle est catalysée par l’hexokinase, sauf dans les cellules hépatiques et les cellules β du pancréas, où intervient la glucokinase. Ces deux enzymes nécessitent Mg²⁺ ou Mn²⁺ pour fonctionner.

Une fois phosphorylé, le glucose ne peut plus franchir la membrane plasmique, imperméable à toute molécule phosphorylée ; il sera donc utilisé par la cellule. La réaction est considérée comme irréversible.

Réaction 2 : isomérisation du glucose-6-phosphate

Le glucose-6-phosphate, un aldose, est isomérisé en fructose-6-phosphate (F6P), un cétose. La réaction est réversible et catalysée par la phosphohexose isomérase.

Réaction 3 : phosphorylation du fructose-6-phosphate

Le fructose-6-phosphate est phosphorylé sur son C-1 en fructose-1,6-bisphosphate (F1,6BP). La réaction consomme une molécule d’ATP, est irréversible et constitue un point important de régulation de la glycolyse. Elle est catalysée par la phosphofructokinase-1 (PFK1).

Réaction 4 : clivage du fructose-1,6-bisphosphate

Le fructose-1,6-bisphosphate est clivé entre C-2 et C-3 en deux molécules :

  • un aldose, le glycéraldéhyde-3-phosphate (GA3P) ;
  • un cétose, la dihydroxyacétone phosphate (DHAP).

La réaction, catalysée par la fructose-1,6-bisphosphate aldolase, est réversible.

Réaction 5 : isomérisation du DHAP

Le DHAP est isomérisé en glycéraldéhyde-3-phosphate. La réaction, catalysée par la triose phosphate isomérase, est réversible, mais l’équilibre est déplacé vers la gauche.

À ce stade, une molécule de glucose a été transformée en 2 molécules de glycéraldéhyde-3-phosphate, qui s’engagent chacune dans la deuxième partie de la glycolyse.

Réaction 6 : oxydation et phosphorylation du glycéraldéhyde-3-phosphate

La phosphorylation du glycéraldéhyde-3-phosphate est couplée à sa conversion en 1,3-bisphosphoglycérate (1,3-BPG). La réaction produit une molécule de NADH, H⁺ par glycéraldéhyde-3-phosphate, soit 2 molécules de NADH, H⁺ par molécule de glucose.

La réaction est réversible et catalysée par la glycéraldéhyde-3-phosphate déshydrogénase (GA3PDH), à coenzyme NAD⁺.

Réaction 7 : formation d’ATP à partir du 1,3-bisphosphoglycérate

Le 1,3-bisphosphoglycérate phosphoryle l’ADP et est transformé en 3-phosphoglycérate (3PG). La réaction produit une molécule d’ATP par 1,3-bisphosphoglycérate, soit 2 molécules d’ATP par molécule de glucose. Elle est réversible et catalysée par la phosphoglycérate kinase (PGK).

Réaction 8 : isomérisation du 3-phosphoglycérate

Le 3-phosphoglycérate est isomérisé en 2-phosphoglycérate (2PG). La réaction est réversible et catalysée par la phosphoglycérate mutase (PGM).

Réaction 9 : déshydratation du 2-phosphoglycérate

Le 2-phosphoglycérate est déshydraté en phosphoénolpyruvate (PEP). La réaction réversible est catalysée par l’énolase et libère une molécule d’eau.

Réaction 10 : formation d’ATP et de pyruvate

Le phosphoénolpyruvate phosphoryle l’ADP et est transformé en pyruvate. La réaction produit une molécule d’ATP par phosphoénolpyruvate, soit 2 molécules d’ATP par molécule de glucose. Elle est irréversible et limitante ; c’est une étape majeure de régulation. Elle est catalysée par la pyruvate kinase.

II. Bilan énergétique de la glycolyse

À partir d’une molécule de glucose, la glycolyse génère 2 molécules de pyruvate. Elle consomme 2 molécules d’ATP, réduit 2 NAD⁺ en 2 NADH, H⁺ et forme 4 molécules d’ATP, soit un gain net de 2 ATP.

Le bilan réactionnel indiqué est :

Glucose+2 ADP+2 Pi+2 NAD+→2 Pyruvate+2 ATP+2 NADH+2 H++2 H2O\mathrm{Glucose + 2\,ADP + 2\,P_i + 2\,NAD^+ \rightarrow 2\,Pyruvate + 2\,ATP + 2\,NADH + 2\,H^+ + 2\,H_2O}

III. Destinées métaboliques du pyruvate

Le pyruvate formé par la glycolyse peut subir différentes transformations.

  1. En aérobiose, le pyruvate pénètre dans la mitochondrie et est complètement dégradé en CO₂ et H₂O par oxydation, via le cycle de Krebs et la chaîne respiratoire.
  2. En anaérobiose, lorsque l’approvisionnement de la cellule en oxygène est insuffisant, du NADH, H⁺ s’accumule dans le cytoplasme. En l’absence de NAD⁺, la glycolyse s’arrêterait. Le pyruvate est alors réduit en lactate, tandis que le NADH, H⁺ est oxydé en NAD⁺ : la glycolyse peut ainsi continuer. Cette fermentation lactique est catalysée par la lactate déshydrogénase.
  3. La fermentation alcoolique a lieu chez les micro-organismes.

IV. Régulation de la glycolyse

La régulation permet d’adapter la vitesse de la glycolyse aux besoins de la cellule en énergie (ATP) et en intermédiaires précurseurs de synthèse. La glycolyse dépend de la disponibilité cellulaire en glucose et de la vitesse des réactions limitantes.

Les trois réactions limitantes sont les réactions 1, 3 et 10, catalysées respectivement par l’hexokinase, la phosphofructokinase et la pyruvate kinase. La réaction limitante majeure est la réaction 3.

Hexokinase

L’activité de l’hexokinase est soumise à un contrôle allostérique. Elle est inhibée par le glucose-6-phosphate : son accumulation ralentit le flux glycolytique.

Phosphofructokinase-1

L’activité de la PFK1 est soumise à un contrôle allostérique.

  • Elle est inhibée par le citrate, intermédiaire du cycle de Krebs.
  • Elle est inhibée par l’ATP, témoin de la satisfaction des besoins énergétiques cellulaires.
  • Elle est activée par le fructose-2,6-bisphosphate (F2,6BP).

Le fructose-2,6-bisphosphate provient du fructose-6-phosphate sous l’action de la PFK2, mais il n’a qu’une fonction de régulation.

Dans le foie, le glucagon diminue la concentration cellulaire de fructose-2,6-bisphosphate, ce qui ralentit la réaction fructose-6-phosphate → fructose-1,6-bisphosphate. En période de jeûne physiologique, à distance des repas, le glucagon freine la glycolyse et réserve ainsi le glucose aux tissus glucodépendants.

En période postprandiale, après un repas, l’insuline augmente la concentration cellulaire de fructose-2,6-bisphosphate par activation de la PFK2. Elle accélère la glycolyse pour produire de l’énergie et synthétiser des acides gras.

Dans le cœur, l’adrénaline augmente la concentration cellulaire en fructose-2,6-bisphosphate par activation de la PFK2. Cela accélère la réaction fructose-6-phosphate → fructose-1,6-bisphosphate et active ainsi la glycolyse. En période d’activité, l’adrénaline est accélératrice de la glycolyse.

Pyruvate kinase

L’activité de la pyruvate kinase est soumise à un double contrôle : un contrôle allostérique et un contrôle par phosphorylation/déphosphorylation.

Contrôle allostérique :

  • Le fructose-1,6-bisphosphate l’active, en tant que témoin de l’activité de la glycolyse.
  • L’acétyl coenzyme A et l’ATP l’inhibent, en tant que témoins de la satisfaction des besoins énergétiques.

Contrôle par phosphorylation/déphosphorylation : la pyruvate kinase hépatique existe sous deux formes interconvertibles : une forme phosphorylée inactive et une forme non phosphorylée active. Le glucagon favorise la forme phosphorylée et freine la glycolyse. L’insuline favorise la forme active et accélère la glycolyse.

V. Aspects pathologiques

Divers déficits enzymatiques héréditaires ont été rapportés :

  • Un déficit en aldolase et en pyruvate kinase dans les globules rouges provoque des anémies hémolytiques.
  • Un déficit en PFK musculaire provoque une faible capacité à l’effort, particulièrement en cas de régime riche en glucides ; cette capacité est améliorée par un régime riche en acides gras.
  • Un déficit en pyruvate déshydrogénase entraîne une accumulation du pyruvate et une acidose lactique souvent létale, par augmentation du lactate sanguin : accidents circulatoires, IDM.

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