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Fiche de revision

Appartient au cours : Probabilités élémentaires : langage et événements

Le langage des probabilités et l’espace probabilisé fini

L’ESSENTIEL

  • Une expérience aléatoire a pour résultats possibles les éventualités ; leur ensemble est l’univers . Un événement est une partie de .
  • Le contraire de est ; « ou » correspond à , « et A\cap BA\cap B=\varnothing$ ; cela ne signifie pas indépendants.
  • Une probabilité vérifie et l’additivité pour deux événements incompatibles. À retenir : , et .
  • En équiprobabilité, .
  • Pour , . L’indépendance équivaut à .
  • Un système complet d’événements permet de découper les probabilités : . Bayes inverse le conditionnement en utilisant ce découpage.

I. Le langage des probabilités

Vocabulaire et opérations

NotionDéfinition ou lecture
Expérience aléatoireExpérience dont l’issue dépend au moins en partie du hasard.
ÉventualitéUn résultat possible de l’expérience.
Univers Ensemble de toutes les éventualités.
ÉvénementToute partie de .
Événement élémentaireÉvénement réduit à une éventualité.
Événement certain.
Événement impossible.
Contraire de Complémentaire de dans , noté .
Réunion « ou $F ».
Intersection « et $F ».
Inclusion La réalisation de entraîne celle de .
Événements incompatibles.

Pour trois pièces, chacune étant acceptable () ou défectueuse () :

Exemples de description des événements :

  • « Au plus une pièce défectueuse » :
    ; son contraire, « au moins deux pièces défectueuses », vaut .
  • Un événement peut aussi être donné sans description verbale évidente : .
  • « La première pièce est défectueuse » :
    .
  • « La dernière pièce est défectueuse » :
    .
    Leur intersection est et leur réunion est
    .
  • « Exactement une pièce défectueuse » :
    ; cet événement est inclus dans « au moins une pièce défectueuse »,
    .
  • « Exactement une pièce défectueuse » et « exactement deux pièces défectueuses »,
    , sont incompatibles.

Système complet d’événements

Une famille est un système complet si :

  1. chaque est non vide ;
  2. les événements sont deux à deux incompatibles ;
  3. leur réunion est .

Pour les trois pièces, la répartition par nombre de pièces défectueuses forme un système complet :

ÉvénementÉventualités
Aucune :
Exactement une :
Exactement deux :
Trois :

À retenir

  • Une inclusion donne une implication : si , toute issue de appartient à .
  • Incompatibilité se vérifie par une intersection vide ; un système complet ajoute la couverture de tout et la non-vacuité de chaque événement.

II. Espace probabilisé fini

II.1. Approche fréquentiste de la notion de probabilité

On répète l’expérience fois et on note , le nombre de réalisations de . L’approche fréquentiste associe :

Cette conception historique a été remplacée par celle de mesure de probabilité ; elle réapparaît dans la loi des grands nombres.

II.2. Espace probabilisé fini

Pour un univers fini , est l’ensemble de ses parties, donc des événements.

Une probabilité est une application

vérifiant :

  1. ;
  2. si et sont incompatibles, .

Le triplet est un espace probabilisé fini.

II.3. Propriétés

SituationRésultat
Événement impossible.
Événement contraire.
Inclusion .
Deux événements quelconques.

Justifications à connaître :

  • et sont incompatibles et ; l’additivité donne .
  • et sont incompatibles et leur réunion vaut .
  • Si , alors , réunion disjointe : , avec .
  • Pour la formule de réunion, décomposer , puis , ces deux réunions étant disjointes.

II.4. Formule du crible de Poincaré

Pour et des événements :

Les premiers termes donnent :

Les intersections sont ajoutées puis soustraites alternativement, par ordre croissant. La preuve se mène par récurrence sur , en s’appuyant sur la formule de réunion de deux événements.

II.5. Équiprobabilité

Il y a équiprobabilité lorsque tous les événements élémentaires ont la même probabilité. La mesure correspondante est la mesure de probabilité uniforme. Pour tout événement :

Ainsi, la probabilité d’un événement est le rapport du nombre d’issues favorables au nombre total d’issues.

En effet, si contient éléments, chaque issue a probabilité puisque leur réunion disjointe a probabilité . Un événement contenant issues a donc une probabilité .

II.6. Remarque concernant la modélisation

Une situation concrète doit être traduite par un univers et une mesure aussi fidèles que possible à la réalité. La construction du modèle relève d’un choix de modélisation : une réponse peut être mathématiquement exacte dans un modèle, mais absurde pour la situation réelle.

Exemple : devant la question de la probabilité qu’un chat tapant au hasard écrive les œuvres complètes de Victor Hugo, réduire l’univers à deux issues (« il les écrit » ou « il ne les écrit pas ») et leur attribuer l’équiprobabilité donne une chance sur deux : réponse mathématique selon ce modèle, mais complètement absurde au regard de la réalité.

À retenir

  • Pour une réunion, soustraire les intersections comptées plusieurs fois ; le crible poursuit l’alternance à tous les ordres.
  • La formule « cas favorables / cas totaux » exige l’équiprobabilité.
  • La validité d’un calcul dépend aussi du choix d’un modèle adapté à la situation.

III. Probabilités conditionnelles ; indépendance de deux événements

III.1. Probabilités conditionnelles

Si , la probabilité de sachant est :

Elle est aussi notée par certains auteurs. Comme , on a ; ainsi .

Exemple des examens. Sur 100 personnes :

Résultat examen 1Résultat examen 2Nombre
RéussiRéussi30
RéussiRaté30
RatéRéussi25
RatéRaté15

Avec et les réussites aux examens 1 et 2, 60 personnes réussissent le premier, dont 30 le second :

III.2. Indépendance de deux événements

Intuitivement, l’indépendance signifie que connaître la réalisation de l’un ne modifie pas la probabilité de l’autre. Lorsque les probabilités conditionnelles correspondantes sont considérées :

La définition à utiliser est :

Ne pas confondre :

NotionCritère
Incompatibilité.
Indépendance.

Lors de lancers successifs d’une pièce, les résultats sont considérés indépendants : même après 1000 résultats « Pile », la probabilité d’obtenir « Pile » au 1001e lancer reste . L’indépendance exprime ici l’absence d’influence des résultats précédents.

III.3. Formule des probabilités totales

Si est un système complet d’événements, alors, pour tout événement :

Le découpage de par les est exhaustif : . Les morceaux sont incompatibles deux à deux ; leurs intersections dans le crible sont donc vides.

III.4. Formule de Bayes

Pour un système complet et un événement tel que :

C’est une formule d’inversion du conditionnement : le dénominateur rassemble les contributions de toutes les catégories au cas où se réalise.

Exemple des accidents. Les catégories d’automobilistes forment le système complet suivant :

CatégorieDescriptionProbabilité
Connaît le code et l’applique
Connaît le code et ne l’applique pas
Ne connaît pas le code

Les probabilités conditionnelles d’être responsable d’un accident sont :

Par probabilités totales :

Puis, par Bayes :

Lecture par arbre :

  • Pour , additionner les produits des probabilités des chemins aboutissant à « Accident ».
  • Pour , diviser le produit du chemin « puis Accident » par la somme des produits de tous les chemins aboutissant à « Accident ».

À retenir

  • Conditionner par revient à rapporter la part de située dans à la probabilité de ; il faut .
  • Pour tester l’indépendance, comparer à , et non à une intersection vide.
  • Avec un système complet : additionner les contributions pour les probabilités totales ; pour Bayes, rapporter la contribution de la catégorie visée au total observé.

Auto-évaluation

  1. Comment définir une éventualité, l’univers et un événement élémentaire ?
  2. Que signifient , , et l’incompatibilité ?
  3. Quelles conditions définissent un système complet d’événements ?
  4. Quels sont les deux axiomes d’une probabilité sur un univers fini ?
  5. Donner les formules de , , de monotonie et de .
  6. Quel est le principe du crible de Poincaré, et comment la preuve est-elle décrite ?
  7. Quelle condition autorise la formule de probabilité par cardinalités ?
  8. Pourquoi le modèle à deux issues pour le chat et les œuvres de Victor Hugo est-il un exemple de modélisation absurde ?
  9. Définir et indiquer sa condition d’existence.
  10. Quel critère permet de décider si deux événements sont indépendants ? En quoi diffère-t-il de l’incompatibilité ?
  11. Énoncer la formule des probabilités totales et la formule de Bayes.
  12. Dans l’exemple des accidents, calculer puis .
  13. Comment utiliser un arbre pour calculer la probabilité d’un événement observé, puis une probabilité conditionnelle inversée ?

  1. Une éventualité est un résultat possible ; rassemble toutes les éventualités ; un événement élémentaire contient une seule éventualité.
  2. Réunion : « ou » ; intersection : « et » ; inclusion : toute réalisation de entraîne celle de ; incompatibilité : intersection vide.
  3. Les événements sont non vides, deux à deux incompatibles, et leur réunion vaut .
  4. et, pour deux événements incompatibles, .
  5. ; ; si , ; .
  6. La probabilité de la réunion alterne les sommes de probabilités d’intersections, avec un signe changeant à chaque ordre. La preuve est donnée par récurrence, en utilisant la formule de réunion de deux événements.
  7. L’équiprobabilité des événements élémentaires : alors .
  8. L’équiprobabilité entre « le chat écrit les œuvres » et « il ne les écrit pas » est un choix de modèle mathématique qui ne représente pas fidèlement la réalité.
  9. ; il faut .
  10. L’indépendance exige ; l’incompatibilité exige .
  11. ; .
  12. et .
  13. Additionner les produits des chemins aboutissant à l’événement observé ; pour la probabilité conditionnelle inversée, diviser le produit du chemin de la catégorie visée par le total des produits des chemins aboutissant à l’événement observé.